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Civilisation, Puissance et Conscience

A. Benmohammed

by admin

Faillite de la Civilisation ; Histoire et Culture

« O chrétiens superbes, malheureux, débiles, qui infirmes de la vue de l’esprit, vous fiez aux pas rétrogrades, ne savez-vous donc point que nous sommes des vers nés pour devenir l’angélique papillon, qui, sans que rien puisse l’en défendre, doit comparaître devant l’éternelle Justice ? De quoi gonflée, votre âme en haut flotte-t-elle ? Qu’êtes-vous que d’informes insectes, semblable au ver en qui avorte la transformation », Dante, Canto 10, Purgatorio.

Ces vers de Dante expriment le désarroi de notre Monde moderne soumis à un Occident chrétien qui sombre dans un renouveau du moyen-âge. La période de Dante correspond au début de la renaissance et l’humanisme au 12ème siècle qui fera naitre les lumières au 14ème. Chaque civilisation a eut ses grands penseurs qui ont raconté :

– ses cultures : Égypte, Mésopotamie, Perse, Grèce, Italie, Byzance, musulmane, chrétienne, indienne, chinoise …

– ses cités : Carthage, Rome, Venise, Athènes, Babylone, …

– ses conquêtes : la république, le droit, le Baroque, la Crète, le Minotaure, les dieux et les démons grecques….

La civilisation est une hiérarchie de valeurs préfabriquées alors que la nature ne compare pas ses éléments dans une classification du primaire au supérieur ; les branches se valent dans un arbre et les arbres dans une forêt.

Les primitifs avaient peu de biens, mais ils n’étaient pas misérables. Ilas avaient des vraies valeurs qui assuraient leurs survies. La civilisation moderne se fonde sur de fausses valeurs : raison, vérité, liberté, justice … Il n’ya pas de raison unique, immuable et éternelle et il n’ya plus de vérité certaine, complète et perpétuelle. On n’a plus d’idées sublimes pour lesquelles on vie et on meurt. On a tué Dieu, il ne nous reste plus qu’à nous suicider dans notre volonté de puissance.

L’histoire est un conflit entra la puissance du pouvoir et la résistance de la grandeur. La Civilisation devait être une opportunité pour unir le bon géni de l’humanité. Elle ne fut qu’une petite histoire de prédation pour la puissance.

Une idée peut justifier une civilisation, mais elle ne peut la conserver, car tout finit par dégénérer. Pour éviter l’apocalypse, les conservateurs veulent retourner aux sources d’une civilisation passée dorée qui n’a jamais existé. Revenir en arrière, demeurer ou faire le grand saut de l’IA ne sont pas des options de survie.

Nietzsche ne sera pas malgré lui le Dieu seulement du nazisme, mais de tout l’Occident qui fera de la Puissance sa raison et sa vérité ! La puissance va alors lui faire perdre toute sa raison, sa vérité, sa vertu et son sens. Il ne se pose plus de question sur l’essence et le sens profond de l’existence, mais uniquement sur la méthode d’acquérir plus de puissance.

Après deux millions d’années de vie dans la Nature, c’est la révolution agricole, apparue seulement il y’a 10 000 ans, qui va changer radicalement notre vie en créant une cité, une société et une hiérarchie sociale par la division du travail. Ceci va initier la destruction de l’humain et de la nature

Les 10 000 ans de civilisation sont un cauchemar auquel il faut se réveiller. Les festins des pharaons et les riches cités sont toutes dans des ruines. Les fossiles sont appelés à la putréfaction. Seules les œuvres artistiques restent ; Elles nous dévoilent notre fond commun universel.

L’Occident va ramener des institutions, du droit, des arts et des sciences. Il va transférer son moyen-âge en dehors de ses frontières ; colonisation, croisade et dictatures. On a une ension entre humanisme et bestialité. Il ne fait qu’élargir la possibilité du pire plus que meilleur.

La pensée moderne est une pensée de l’Occident qui a triomphé grâce à ses révolutions politiques, économiques, scientifiques et industrielles. L’Empire parle au nom de sa civilisation qu’il veut cultiver et de son Capital qu’il veut vendre à l’Échelle mondial comme un nouveau monothéisme alors qu’il ne représente pas plus que 15% de l’humanité.

Cet État d’esprit est issu des Lumières et de la Révolution française qui se considérait comme LA civilisation humaine universelle à imposer au reste de l’humanité par les croisades, l’inquisition et les colonisations en produisant des génocides au nom de la liberté, fraternité et égalité, mais en réalité au nom de la puissance, du capital et de la cupidité.

 Faillite de la Puissance : Violence et Résistance

« Oh ! Combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines

Dans ce morne horizon se sont évanouis !

Combien ont disparu, dure et triste fortune !

Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! » Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres

La Puissance est une inconscience reliée au pouvoir de l’État et de l’Empire. La puissance est la capacité de contrôler quelqu’un. Elle peut être physique, mentale, sociale, politique, économique, psychologique, … Les hommes puissants détiennent le pouvoir politique en général. Ce pouvoir s’exerce par la violence dans ses formes dures et douces.

La conception culturelle de la violence est réductrice. La violence à des causes complexes et diverses : sociaux, économiques, cognitives et biologiques. Elle stigmatise certaines cultures comme plus violentes que d’autres, alors que la violence est présente dans toutes les cultures.

On doit comprendre la nature perverse du Pouvoir :

– La manipulation : l’influence sociale, culturelle et médiatique modélise nos pensées, perceptions et décisions.

– Le cynisme : le cynisme des élites dirigeantes qui justifient leurs actions pour le bien de la société et de l’humanité.

– La Machine-bestiale : le pouvoir est une fin en soi qui sacrifie toutes les valeurs humaines avec des génocides même au prix de la destruction de la Nature et de l’Humanité.

Le Pouvoir ne veut pas abandonner son système de violence, de richesse et de connaissance sans conscience qui lui assure la puissance et la proéminence. Il veut juste s’adapter, se reproduire et se solidifier. Il ne pourra jamais reconnaitre ses déraisons, ses erreurs, ses génocides

L’humain refuse dans sa conscience de devenir ce qu’il n’est pas ; une machine bestiale. Il rentre alors en résistance pour sa liberté. Le pouvoir va alors se défendre en pervertissant les notions de liberté et de résistance. Le pouvoir se nourrit du peuple qui lui donne sa puissance. Il ne craint pas ses révoltes, mais sa prise de conscience de sa grandeur.

Nous devons prendre conscience que nous sommes la Puissance avec laquelle l’État nous asservit. Sans nous, l’État n’existe pas. La Conscience fusionne l’humanité que l’État a fissionnée. Notre sens est dans la Grandeur de la Conscience et non pas la Puissance d’une Civilisation suicidaire.

La résistance est une conscience qui commence par la connaissance des sciences physiques du quantique au cosmique qui nous font reconnaitre notre destin dans les particules élémentaires, les étoiles et l’univers. Les sciences chimiques de la molécule à la vie biologique nous font comprendre l’humain, le gène et l’évolution. Les sciences humaines nous font reconnaitre notre humanité.

La résistance se fait par la création d’organisations vivantes et conscientes qui remplaceront progressivement le système machinale et bestiale. La Résistance n’a pas pour objet de reprendre le pouvoir, mais de réconcilier l’humain avec son humanité, sa nature et son cosmos grâce à une relation organique qui déconstruit le fascisme[i] de l’État impériale qui se renouvelle. La résistance est dans la déconstruction de notre pensée et la reconstruction de notre impensée qui nous sortir de notre petite histoire vers la grande histoire.

Pouvoir et Résistance ont produit la violence, Steven Pinker[ii] affirme que la violence a plutôt diminué à cause de :

– la venus de l’État ; il oublie les guerres extérieurs ; croisades, colonisations et génocides occidentales.

– L’Humanisme, les Lumières et les Révolutions ; Au contraire, elles correspondent aux sommets des violences.

– la paix depuis 1945 : Elle est uniquement dans les pays occidentaux, mais pas dans les pays du Sud (Moyen orient…).

– révolution des droits humains (femmes, LGBT…) : Il ignore la pauvreté, l’exploitation économique et les inégalités.

– la communication (internet, IA) et la culture ; C’est au sommet de la civilisation que les génocides se sont produits.

Le salut est en dehors de l’État et non pas en détachement ou en conflit contre l’État. Il ne suffit pas de se libérer d’un joug pour aller à un autre joug. La Finalité humaine n’est pas dans la Puissance, mais dans la Grandeur de la conscience cosmique de l’humain, de l’humanité et de la Nature afin de continuer son exploration de l’Univers.

[i]         Gross, Bertram, Friendly Fascism: The New Face of Power in America, South End Press, Boston, 1980.

[ii]       Steven Pinker, The Better Angels of Our Nature: Why Violence Has Declined, Penguin Books, septembre 2012

Orient-Occident : Première civilisation contre l’Empire

« Sombrant dans l’obscurantisme chrétien médiéval, c’est à la transmission arabo-musulmane que nous devons la réappropriation de notre patrimoine culturel. Dès le second siècle de l’Hégire, les Arabes deviennent les précepteurs de l’Europe. » Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des Nations.

Le monde musulman est né dans l’Orient, berceau de la première civilisation humaine de la Mésopotamie des Sumériens et de l’Égypte qui fonderont l’Occident. La Mésopotamie inventera presque tout : langage, écriture, calcul, médecine, astronomie, cités-états, lois, agriculture et divinités. Les Assyriens créèrent le Premier Empire humain en soumettant Babylone qui les renversera ensuite pour devenir un empire qui sera aussi remplacé par l’Empire Perse.

L’Égypte invente la religion (Les Rois sont des dieux) comme base de sa civilisation, mais aussi les sciences : maths, astronomie, médecine, agriculture… L’occident va prendre la roue, la charrue, l’alphabet phonétique… On aura la division du cercle en 360 degrés et 60 minutes dans l’heure. La relation entre dieux et le roi sera reprise dans les temps médiévaux. Les mythes Grecs et les récits bibliques vont plagier la Mésopotamie : le déluge, la tour de Babel, Cain et Abdel…

Les civilisations de l’occident et de l’humanité étaient fondées sur l’Orient. Les Grecques venues envahir l’orient et les Hébreux, qui étaient des esclaves en Égypte comme à Babylone, vont tous se baser sur ces civilisations pour fonder leurs croyances et leurs connaissances.

L’occident va encore sombrer dans le moyen âge au Ve siècle lors du déclin de l’Empire romain à la Renaissance au XVe siècle. Ce sera l’Orient musulman qui le réveillera de son obscurantisme par les croisades qui lui donnera la puissance par le transfert de tout son héritage des arts, des sciences et des philosophies qui font redécouvrir la pensée grecque

L’Orient va donner l’islam comme dernière civilisation fondée sur la religion d’Abraham. Ce sera le début des hostilités de l’occident judéo-chrétien jusqu’à nos jours : croisades, colonisations et conquête de la Palestine.

L’Islam a dégénéré, car il n’a pas su se régénérer devant son prédateur ; les croisades et les colonisations qui vont clôturer l’histoire humaine dans le triomphe de l’Occident ou de la Matière sur l’Esprit.

L’islam est une religion non pas de conviction individuelle, mais sociale et politique. Après la laïcisation de l’Occident englouti dans le libéralisme financier, l’Islam reste la seule religion qui s’oppose à la mondialisation. L’occident veut la détruire pour l’assimiler et l’assujettir! Un projet de destruction de l’islam et du christianisme avec Renan :

« L’islam est contraire à l’esprit scientifique, hostile au progrès ; il a fait des pays qu’il a conquis, un champ fermé à la culture rationnelle de l’esprit. … la condition essentielle pour que la civilisation européenne se répande, c’est la destruction du pouvoir théocratique de l’islamisme, par conséquent la destruction de l’islamisme; car l’islamisme ne peut exister que comme religion officielle; quand on le réduira à l’état de religion libre et individuelle, il périra. »

Il sera aussi clair sur le christianisme dans Patrice[i] :

« Toutes les idées fausses qui sont dans le monde en fait de morale sont venues du christianisme. », Renan

Renan croit à une seule religion sur terre :

« Que le judaïsme soit une religion et une grande religion, cela est clair comme le jour… L’idée fondamentale d’Israël, c’est l’annonce d’un avenir brillant pour l’humanité, d’un état où la justice régnera sur la terre, où les cultes inférieurs, grossiers, idolâtriques, disparaîtront.», Renan

Le combat entre Occident et Islam est un combat fatal entre le passé et le futur, l’humain et la machine et l’esprit et la matière. Il aboutira à la destruction du sujet en faveur de l’objet et donc à l’humain ainsi que son humanité et finalité.

Gloires andalouses

« La plupart des Arabes ne savent même pas qu’ils ont régné autrefois, ou qu’aucune nation n’a rayonné autant que la leur », Ibn Khaldoun

L’Andalousie est conquise par les musulmans entre 711 et 1492 avec la chute de Grenade :

« Les Espagnols s’étonnèrent lorsqu’ils surent que Cordoue contenait, à elle seule, soixante-dix bibliothèques. Selon Ibn Rushd, Cordoue, au XIIe siècle, était la seule ville dans le monde entier à posséder le plus de livres et de bibliothèques. Les rois de Navarre et de Barcelone ne se dirigeaient que vers Cordoue lorsqu’ils avaient besoin de livres. Grâce à la liberté des religions prononcée par les émirs andalous au profit des Gens du Livre, de nombreux étudiants espagnols, francs, anglais et italiens fréquentaient les écoles de Cordoue dans le but d’acquérir les sciences et les cultures arabo-islamiques. D’après Farmer, la musique était introduite au programme d’études et les étudiants apprenaient les sciences arabes directement, sans recourir à des traducteurs en latin. C’est ainsi que les Mozarabes étaient chargés de diffuser la culture arabe en Europe », » Bilinguisme et traduction en Andalousie, Pr Mohammed Abbassa, Annales du patrimoine, Mostaganem (Algérie).

L’Islam a créé un empire de civilisation avec des génies universels : Al-Kindi, Al-Khwarismi, Alhazen, Omar Khayyam, Averroes, Al-Idrissi, à Ibn Khaldoun, qui avaient la science dans toutes les disciplines des mathématiques aux juridiques. Witelo a écrit un traité d’optique que Descartes a pris à son compte dans le traité d’optique. Ce traité est en réalité repris d’un travail du perse ibn Al-Haytham (Traité d’optique, 1015-1021). Ce Traité fonde les Lumières : Newton (Optique, 1704), Fresnel (théorie ondulatoire de la Lumière, 1815), Maxwell (théorie électromagnétique de la lumière, 1865) Einstein (effet photo-électrique, 1905), ondes radio, micro-ondes, rayons X ….

Al-Haytham fondera aussi la méthode scientifique (Hypothèse, expérimentation, analyse et interprétations).

Les génies de l’islam ont été le fondement de l’humanisme de la renaissance, des lumières (XVIIe siècle) et des révolutions scientifiques et politiques dans l’Occident.

« C’est dans l’Espagne d’Alphonse X et dans la Sicile de Frédéric II, tous deux admirateurs passionnés de la culture musulmane qu’est né l’Occident « moderne » dont la civilisation arabo-islamique fut l’accoucheur et la mère nourricière. », Roger Garaudy, Promesses de l’Islam,

« Sous les rois Visigoths, l’Espagne chrétienne avait été dans une situation peu prospère. Sa culture était celle d’un peuple à demi barbare. Aussitôt que les Arabes eurent terminé leur conquête, leur œuvre de civilisation commença. En moins d’un siècle, ils avaient défriché les campagnes incultes, peuplé les villes désertes, créé des monuments magnifiques, établi des relations commerciales avec tous les autres peuples. Ils s’étaient ensuite adonnés à la culture des sciences et des lettres, traduisaient les auteurs grecs et latins et fondaient des universités qui furent pendant longtemps les seuls foyers intellectuels de l’Europe.»  Gustave Le Bon (1884) la civilisation des Arabes.

La pensée de réforme scientifique dans l’Islam existe bien puisqu’elle a pu se faire sans avoir eu de conflits avec la religion comme pour Galilée et la chrétienté. L’islam contemporain est loin de ses anciens savants. L’islam des lumières acceptait le juif, le chrétien et le laïc et les a fait vivre, penser et travailler ensemble comme en Amérique où tous les savants du monde travaillent dans ses universités pour créer ces nouvelles sociétés de savoir qui ont fait des Empires qui disparaissent quand la haine de l’autre prend le relais.

Goethe nous apprend que les sociétés n’apprennent jamais de l’histoire. L’empire Andalou et Turc ont disparu quand ils n’ont pu résister à leurs divisions internes et leurs prédateurs externes qui ont acquis l’art, la philosophie et la science de la guerre toujours plus destructive.

Malek Benabi : Projet de Renaissance

« La crise que traversent les musulmans depuis la décadence de la civilisation islamique, qu’on peut situer historiquement depuis la chute de l’empire Almohadien, est double : le premier aspect de cette crise est lié à un problème de lecture directe des textes référentiels de l’islam en l’occurrence le Coran et le Hadith. On assiste dans la plupart du temps à une lecture littéraliste, statique, relative non seulement à un contexte historique particulier, mais aussi à un certain stade de la production humaine en matière de savoir et de connaissance.

l’Europe avait accompli des miracles dans le monde des découvertes et dans celui des sciences. Mais elle a perdu en son for intérieur cette dimension qui lui procurait réconfort, décontraction et soutien dans l’adversité, car la rattachant à l’existence de Dieu. Si le musulman veut combler ce vide dans les âmes assoiffées, les âmes avides de motivations nouvelles, il lui faudrait d’abord élever son niveau à celui de la civilisation pour pouvoir ainsi hisser celle-ci au niveau de la sacralité de l’existence (…) Je dis toutes ces paroles en tant que testament que je laisse… ». Malek Benabi.

L’islam a toujours été dans un rapport de violence avec le monde judéo-chrétien occidental après le lourd passé de croisades, de colonisations, de la prise de la Palestine et de la division du monde arabe de Sykes-Picot.

Après la chute du communisme, l’Occident (L’OTAN) avait besoin d’un ennemi à la hauteur de ses ambitions. Le bouc émissaire idéal sera encore le Monde musulman : Un monde divisé par la misère, l’ignorance, l’intolérance, la violence, la dictature et la colonisabilité.

L’Occident a trouvé depuis des siècles une proie affaiblie qui a fait sa puissance et sa prospérité avec ses ressources naturelles fabuleuses depuis la route de la soie au pétrole du Moyen-Orient.

Le Monde musulman reste dans un dilemme de choix entre le paradis perdu de l’Andalousie et de la Palestine, l’obscurantisme du wahhabisme et l’inspiration d’un Occident moderne qui fascine par sa science, sa culture et sa société ?

Benabi parle de la psychose du musulman tiraillé entre la sublimation par la puissance de son colonisateur et la perte de sa gloire passé. Le musulman est impuissant à cause de son ignorance de la modernité, de sa pauvreté, de ses dissensions internes et enfin de l’Occident qui s’assure que ce monde reste ignorant et divisé pour pouvoir le garder dans la sujétion.

Benabi place le défi du musulman dans le contexte général du défi humain devant la modernité.

« Abandonné à sa solitude, l’homme se sent assailli d’un sentiment de vide cosmique. C’est sa façon de remplir ce vide qui déterminera le type de sa culture et de sa civilisation, c’est-à-dire tous les caractères internes et externes de sa vocation historique. », Malek Benabi

Benabi affirme que l’islam est le salut de l’humanité en complétant l’objet occidental avec le sujet oriental:

«Si l’humanité a, cette fois-ci, quelques chances d’échapper à la destruction totale, l’état de la technique est tel qu’il ne laisse aucune possibilité rationnelle pour une guerre qui suivrait la prochaine. Donc, les rescapés du prochain déluge n’auront plus qu’un seul choix : la paix ou la disparition. Donc la paix ne sera plus un idéal ou une politique, mais une norme essentielle de la conservation de l’espèce. Or, l’Islam représente la seule philosophie morale et sociale compatible avec les impératifs du monde qui vient. Celui-ci peut être capitaliste ou communiste, politiquement, mais son salut dépendra d’un statut moral qui s’identifie à ses fins, de l’Islam qui s’identifie, désormais, à la finalité du monde », Malek Benabi

Benabi a voulu comprendre le monde. Il n’a pu le transformer, car il lui manquait cet esprit architecte du détail de Marx. Benabi parle de conscience humaine comme un élément central pour répondre au vide existentiel. Chaque personne a le droit de vivre librement sa conscience sans être opprimé. Benabi a toutefois réduit la conscience à la foi (musulmane) en oubliant la leçon de l’histoire : chaque religion a été une hécatombe qui a divisé l’humanité et servie le pouvoir. C’est avec la connaissance de la création complexe et non pas du créateur inconnu que la conscience se dévoile.

[i]       E. RENAN, Patrice, illustrations d’après Ary Renan, Calmann-Lévy, 1902

A. Benmohammed, Chaomain, Raison

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